dimanche 30 décembre 2012

Le malaise de la modernité

La trêve des confiseurs a souvent été l’occasion de prendre un peu de recul sur mes activités et imaginer mes actions futures. Cette année, le débat familial porte sur « Le malaise de la modernité » en prenant pour référence un essai éponyme publié en 2002 par Charles TAYLOR, un philosophe canadien.

Je pensais aussi que l’auteur traiterait de l’invasion de la technologie dans notre quotidien sous un angle instrumental, mais en sa qualité de philosophe j’ai découvert qu’il la considérait comme une valeur ce qui n’a pas manqué de me surprendre tout en reconnaissant que son argumentaire n’est pas dénudé d’intérêt. Taylor adopte une approche qui positionne la technologie comme une valeur – tout en contestant cela - qui viendrait selon lui nous priver d’authenticité. Ainsi, il aborde la technologie comme un passage obligé qu’il assimile comme un frein au développement de valeurs plus fondamentales. Taylor conclut ainsi « La remise en perspective de la technologie exige une action politique collective pour contrer la poussée du marché et de l’Etat bureaucratique vers l’atomisme et l’instrumentalisme….C’est-à-dire que nous affrontions le risque, que Tocqueville a été le premier à définir, de dérapage de la démocratie vers un pouvoir tutélaire. »

Il prend comme hypothèse qu’un malaise de la modernité existe et en décrit trois causes.

Je partage son approche lorsqu’il identifie l’individualisme, qu’il associe au concept d’atomisation, comme la première cause du malaise de la modernité en considérant que nos vies ont été aplaties et rétrécies par un souci de soi démesuré[1] . Je suis un peu plus dubitatif lorsqu’il évoque la « raison instrumentale » comme deuxième cause en affirmant que « le prestige qui auréole la technologie et qui nous fait chercher des solutions technologiques lors même que l’enjeu est d’un tout autre ordre. » Il affirme que cette attitude est fréquente en politique. Ce n’est pas mon impression car je ne place pas la technologie sur le même plan que les valeurs. La technologie reste un outil (ou un ensemble d’outils) qui me permet effectivement de servir mes objectifs instrumentaux mais rien de plus ! Cette même technologie, je la mets au service de mes désirs d’authenticité. Un autre concept sur lequel il revient à plusieurs reprises dans son ouvrage sans pour autant le définir.

La troisième cause qu’il considère comme source du malaise de la modernité est la conséquence des deux premières. En se référant encore à Tocqueville, il conclut que nous préférons rester dans notre cocon qu’il définit comme un despotisme doux induisant (je prends un raccourci) un désintérêt pour l’action collective et en particulier la politique. Phénomène que l’on observe lors des élections récentes avec des taux de votants qui sont descendus bien au-dessous des 50 % des inscrits sur les listes électorales. Un peu comme si nous nous résignions à accepter notre impuissance à influencer la politique, c’est-à-dire les conditions de vie de notre Société. Nous sommes de plus en plus nombreux à adopter une approche - mise en évidence par Bloom[2] - où « la morale de la survie a pris la place de l’héroïsme au sommet de l’échelle des qualités qu’on admire. ». Là encore, je partage – et j’ai largement payé pour cela durant ma vie professionnelle – le concept de liberté autodéterminée que l’auteur attribue à JJ Rousseau : « Je suis libre lorsque je décide pour moi-même ce qui me concerne plutôt que de me laisser modeler par des influences extérieures. » Cela suppose une dose d’héroïsme pour ne pas tomber dans la conformité des modèles existants et la possibilité de faire valoir nos propres valeurs.

J’ai retrouvé cette approche dans quelques traités sur le leadership managérial[3] qui affirment que pour vraiment exister au sein d’un groupe social (ici l’entreprise) nous devons exprimer d’authentiques valeurs afin que par leurs forces elles puissent être comprises et acceptées. Bref de pouvoir entrer dans le domaine des définitions de SOI qui font sens.

***

Je suppose que si vous êtes arrivé à lire ce billet jusqu’à ce point vous devez soit avoir envie d’en savoir plus, auquel cas je ne peux que vous encourager à acheter l’ouvrage ; soit vous vous demandez pourquoi donc nous nous lançons (j’associe mon fils à cet exercice) dans de telles réflexions de plus en période de fêtes. He bien, c’est justement pour sortir de notre conformisme quotidien pour essayer de faire évoluer la qualité de nos actions afin que l’individu soit au cœur de celles-ci et que nous ne laissions pas phagocyter par nos activités quotidiennes. C’est aussi le plaisir de parler de valeurs au moment où les temples de la consommation viennent de vider leurs rayons pour venir garnir les mercantiles sapins de Noël. Bien sûr que ces réflexions remuent nos méninges ! Mais ne faut-il pas se poser des questions de temps ?


[1] Page 12

[2] L’Ame désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, Paris, Julliard, 1987. Page 92

[3] Par exemple dans « Authentic Management : A Gesalt orientation to organizations and their development », S M Herman & M Korenich, Addison-Wesley ou encore “Authentic Leadership: Rediscovering the Secrets to Creating Lasting Value”, Bill George, J-B Warren Bennis Series

jeudi 27 décembre 2012

Pourquoi les mises en chantier ont-elles baissées de 23.8 % ?

imageUn article du Parisien daté du 26 décembre constate une baisse des mises en chantier de logements neufs de 23.8 %, entre septembre et novembre 2012 par rapport à la même période de 2011. Ce chiffre suscite l’intérêt des journalistes pendant la trêve des confiseurs. Les analyses que j’ai pu lire jusqu’à présent occultent un certain nombre de faits qu’il est nécessaire de prendre en considération pour comprendre la situation.

En premier lieu, il faut se rappeler que fin 2011, les promoteurs et investisseurs avaient accéléré les mises en chantiers afin que les acquéreurs puissent bénéficier des anciennes mesures fiscales « Sceillier » qui avaient déjà été réduites par l’ancien gouvernement.

Pour les primo acquéreur, les difficultés de financement sont aussi pour beaucoup. Et là il s'agit pour les banques de constituer ou reconstituer leurs fonds propres (Bâle III).

Pour les investisseurs, c'est une autre histoire qui comporte plusieurs facettes dont effectivement le manque d'intérêt du nouveau Sceillier/Dufflot mais pas seulement :

· l’instauration d’une CSG sur les revenus locatifs dont le taux ne cesse d’augmenter pour atteindre actuellement 15.5 % auxquels s’ajoute l’IRPP ou l’impôt sur les bénéfices contribue à réduire la rentabilité ;
· la pression de l’ISF touchant les biens mis en location pouvant rapidement dépasser 1% de la valeur du bien est également un coup de rabot sur la rentabilité ;
· sur le plan fiscal, une mesure du gouvernement précédent, l'extension de l'exonération d'impôt sur les plus-values de 15 à 30 ans a été fatale. Le modèle économique reposait sur une rentabilité faible et un risque important pour les locations mais avec un espoir de gain lors de la revente. Cette perspective a disparu ;
· les nouvelles normes (BBC) en particulier celles pour l'isolation font exploser les prix de vente ;
· la rareté du foncier et donc son prix viennent également faire grossir le montant de l’addition finale ;
· le plafonnement des augmentations de loyer lors des changements de locataires ;
· la grande difficulté de pouvoir recouvrer les loyers impayés et les compensations pour les dégâts constatés lors du départ du locataire ;
· la réduction des dépôts de garantie à un mois ;
· la suppression de la garantie octroyée par les organismes collectant le « 1% logement » (Locapass)
· le resserrement des zones tarifaires pour obtenir le bénéfice de la mesure « Sceillier »
· le plafonnement des niches fiscales à 10'000 € qui sature l’intérêt fiscal d’un foyer à se porter acquéreur d’un nouveau bien.

Toutes ces mesures prises au cours des dix dernières années, pas seulement depuis que nous avons un gouvernement de gauche, incitent les détenteurs de capitaux à se porter sur d’autres secteurs ou à considérer d’autres pays et effectivement à se détourner de l’immobilier.

Crédit photo : Istockphoto, Microsoft Clip art

Noël des Alpes à Annecy : illumination de la façade de l’hôtel de ville

Voilà un spectacle qui n’est pas très onéreux et qui séduit de nombreux annéciens et touristes tout en rappelant un peu l’histoire de la ville.

Son et lumière sur la façade de l'hôtel de ville sur le thème "Annecy ville des Alpes 2012", offert par la Ville d'Annecy jusqu'au 7 janvier 2013. Mise en lumière signée par SpectaculaireS. Publié par Isabelle MORISSEAU sur Youtube.

dimanche 23 décembre 2012

Château d’Annecy sort du brouillard matinal

Ce matin le château a revêtu un manteau un peu mystique créant une ambiance de contes de fées. Je m'attends à voir sortir un comte de Savoie - — in Annecy.

Château d'Annecy

dimanche 9 décembre 2012

La démocratie directe : des sondages à l’initiative des médias

Cédric Le Goff avait déjà initié quelques sondages sur son blog pour recueillir les avis de ses lecteurs. Notre hebdomadaire régional “L’Essor Savoyard” en fait aussi quelques-uns.
Le nombre de réponse est encore limité bien que la question portant sur le lieux d’installation du stage pour l’ETG ait recueilli 6392 votes (le 9/12/12 à 11h27).
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La dernière question invite les lecteurs a se prononcer sur l’utilité du projet de centre de congrès et du lieu de son éventuelle construction. Pour que les résultats puissent avoir une signification, il serait nécessaire d’atteindre au moins 10’000 votes en provenance d’IP différentes (adresses internet) pour que la voix du peuple puisse être audible. Ce matin, seuls 383 personnes s’étaient exprimées ce qui est déjà beaucoup mieux que le score obtenu par le sondage de Cédric Le Goff où seulement 270 personnes ont répondu.

dimanche 18 novembre 2012

Forte mobilisation des électeurs UMP sur Annecy

 


Photo : Lionel Tardy

Une heure d’attente avant de pouvoir voter ce matin ! De toute évidence, la mobilisation des adhérents est forte pour les deux premières circonscriptions de la Haute-Savoie.

vendredi 16 novembre 2012

Souvenirs visuels du colloque Interreg du FIMM

Fin du colloque Interreg “Innovation touristique”

imageJe viens de passer deux jours à Chambéry dans le cadre du Forum Interreg “Innovation Touristique” organisé en marge du Festival International des métiers de la montagne. 48 heures qui je n’ai pas vu passer. 48 heures de contacts avec des professionnels et des chercheurs du tourisme européen. 48 heures d’échanges et de réseautage pour faire évoluer les innovation en matière de marketing touristique, des processus et de la sociologie. J’ai eu le plaisir d’animer la session interactive avec la participation de Roland Schegg (Institut de Tourisme, HES-SO Valais), P. Bérod (Directeur Association hôtelière du Valais), G. Dupré (Office du Tourisme du Canton de Vaud), G. N’Goala (Université de Savoie), C. Morongiello (Université de Savoie) et Clotilde SORDIN, représentante de l’OT du Grand-Bornand. J’aurai aimé que les représentants de l’OT d’Annecy venus témoigner dans la matinée puisse découvrir la solution de réservation mis en oeuvre par l’Association hôtelière du Valais, mais la charge de leurs agendas ne l’a pas permis.

Enfin nous avons clôturé ce colloque avec un atelier dédié à l’évaluation des TIC durant lequel j’ai présenté à l’audience une approche théorique de la gestion des fans sur les réseaux sociaux avant que Karine FEIGE de SITRA vienne exposer les critères qu’elle a mis en œuvre pour évaluer l’utilité de cette base de données. Enfin, Claude BENARD, représentant Dragon Trail, nous a expliqué en quoi il pouvait, grâce aux systèmes proposés par sa société, recourir aux différents éléments de l’écosystème du Net chinois pour promouvoir les destinations et acteurs touristiques dans ce pays. 

Jean-Claude MORAND modérateur de la session interactive sur l'innovation touristique - Impact des TIC - Colloque du FIMM 2012
Jean-Claude MORAND   - Modération de la session interactive sur l’impact des TIC au colloque du FIMM

Le slides des présentations effectuées et les synthèses des différents aspects des recherches effectuées dans le cadre de ce programme Interreg seront prochainement disponible sur le site du programme :

http://www.innovation-touristique.com/content/colloque

mercredi 14 novembre 2012

Des idées mais peu de volontaires…#EMICT

Jean-Claude MORAND - Ecole Suisse de Tourisme Frederica BORINI - Turismo Torino

Je viens de passer une journée et demie avec une vingtaine d’experts européens du numérique en montagne. Aujourd’hui, une table ronde de 2 heures réunissait les ténors de la promotion des Alpes du Nord (Savoie-Mont-Blanc Tourisme avec Côme VERMERSCH, Jean-Marc SILVA de France-Montagnes, Frederica BORINI – sur la photo en ma compagnie - de l’Office du Tourisme de la région de Turin et quelques prestataires de services. Je représentais l’Ecole Suisse du Tourisme.

De nombreuses idées et retours d’expériences ont été présenté essentiellement en relation avec les nouvelles attentes des consom’acteurs détenteurs de smartphone. Vous pourrez prochainement retrouver les actes de ce forum sur le site web du EMICT.

Que restera-t-il de ces échanges ? En observant l’auditorium de Seynod occupé par une petite trentaine de personnes dont les intervenants des sessions suivantes et les organisateurs, je crains que nous ayons prêché dans le désert. Les journalistes et les élus ayant quitté la salle dès la fin de la session protocolaire d’ouverture. Les maires des communes de montagne, pourtant invités gratuitement, n’étaient pas là non plus. Alors dans ces conditions, les quelques pionniers qui se battent pour que nous puissions obtenir des Etats et des opérateurs des infrastructures  permettant de développer une économie numérique au sein des territoires, se sentent bien seuls. Je dois souligner le courage des opérateurs qui ont sponsorisés ce forum pour la deuxième année et la ténacité des organisateurs.

Pour ma part, je rentre avec quelques cartes de visites et l’immense joie d’avoir pu observer dans la présence de quelques amis dans la salle qui se reconnaitront (Isabelle, Caroline, Marie-Dominique, Jean-Marie, Yves, Arnaud le photographe). J’ai aussi saisi cette opportunité pour échafauder un projet dont je vous parlerai peut-être dans quelques mois.

samedi 10 novembre 2012

Plus de 28’000 visiteurs dont 400 pour le colloque sur l’innovation en tourisme attendus les 15 &16 novembre à Chambéry

L’an dernier pas moins de 28’000 visiteurs ont saisi l’opportunité de rencontrer les professionnels présents à l’occasion du Festival International des métiers de la montagne. Cette année, les organisateurs du colloque scientifique espèrent accueillir 400 personnes pour découvrir les tendances du moment en matière d’innovation touristique. J’aurai le plaisir d’animer une session interactive qui permettra de restituer les résultat d’une recherche Franco-Suisse en ce qui concerne l’usage des Technologies de l’Information et de télécommunications (TIC). J’interviendrai également lors de l’atelier qui suivra pour aborder les mesures d’efficacité de ces TIC. Après mon apport théorique, Karine FEIGE directrice du projet SITRA viendra nous préciser comment elle mesure les effets de cette base de données régionale. Ensuite, Claude BENARD de Dragon Trail nous expliquera comment les responsables de la mise en marché des produits touristiques peuvent recourir aux TIC pour conquérir le marché chinois. Un exposé qui sera sans doute suivi avec attention par les 21 étudiants chinois de la province du Sichuan qui seront présents dans le cadre du cours e-Tourisme que j’assure à leur attention à l’IAE Savoie-Mont-Blanc pour le compte de l’Ecole Suisse de Tourisme.
Un autre groupe de mes étudiants du Bachelor “Gestion de la Nature” de l’HEPIA (Genève) viendront également suivre les débats.

Pour en savoir plus et vous inscrire gratuitement

Extrait d’un article de l’Eco  des Pays de Savoie du 9 novembre
FIMM EdPS p1
FIMM EdPS p 2

samedi 3 novembre 2012

LEMAN 2030 pense aux frontaliers

La semaine dernière, j’ai écouté avec beaucoup d’attention la première présentation du projet AGGLO 2030 et en particulier les données fournies en ce qui concerne les transports en commun. Jean BOUTRY a détaillé avec beaucoup de passion quelques chiffres essentiellement orientés sur la capacité de la SIBRA à absorber le trafic intramuros prévisionnels. C’est déjà bien !

Rappelons qu’à fin 2011, selon l’Office cantonal de la statistique du canton de Genève, 8’128 travailleurs frontaliers habitaient au sein de l’agglomération annécienne et des villages proches. Toutes ces personnes sont susceptibles d’emprunter la sortie Nord de la ville soit par la D1201 ou l’autoroute LYANE pour atteindre le goulot d’étranglement de Bardonnex. Ensuite, c’est la galère du parking dans l’agglomération genevoise pour la plupart d’entre eux. Pour ceux qui se rendent dans le canton de Vaud, un autre calvaire les attends lorsqu’ils doivent emprunter l’autoroute n° 1.

Les experts de la métropole lémanique ont pris conscience de ce problème en proposant dans leur programme LEMAN 2030 pour le rail, plus de train et plus de places. Ils prennent pour exemple le cas d’une frontalière habitant Annemasse et enseignant à l’EPFL. J’en connais une (Smile ) qui habite Annecy-le-Vieux et qui se rend assez souvent à l’Ecole Hôtelière de Lausanne (Chalet à Gobet en fait) pour les même raisons. Elle n’est sans doute pas la seule car de plus en plus d’étudiants de la région choisissent HEC Lausanne et l’EPFL pour leurs études. Sans compter que le développement économique et donc les recrutements de cette métropole lémanique se fait essentiellement entre Nyon et Morges.

Bref une situation, qui devrait être prise en compte pour affiner la vision 2030 de l’agglomération annécienne pour maintenir son rattachement à la capitale économique et historique de la Haute-Savoie. L’autoroute A41 étant bien une avancée pour les flux interrégionaux mais beaucoup moins lorsque l’on considère les besoins des flux pendulaires des frontaliers et des genevois qui sont aussi de plus en plus nombreux à faire leur shoping à Annecy. Lors de mon précédent billet, j’ai émis une piste de réflexion afin que la stratégie des transports en commun de notre agglomération soit aussi élaborée en synergie avec celle de nos amis suisses.

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jeudi 1 novembre 2012

AGGLO 2030 …une réflexion qui démarre

01/11/12 - Jeudi dernier, Jean-Luc Rigaut déclarait en qualité de Président de la C2A que « gouverner c’est prévoir [1]». Je partage largement cet avis et je considère aussi que les élus doivent avoir une attitude de leader en proposant des initiatives différentes des solutions mises en œuvre jusqu’à ce jour. La brève présentation faite aux délégués des 13 communes de l’agglomération est de toute évidence le fruit de techniciens de l’aménagement du territoire qui saisissent cette opportunité pour remettre à l’agenda des dossiers dont on parle depuis fort longtemps.

Transports : l’agglomération annécienne comme toutes les villes est engorgée par les flux de véhicules des résidents et par les flux touristiques autant en hiver qu’en été. Le recours aux transports en commun fait certes partie de la solution et en ce domaine, le groupe de travail propose bien de multiplier par deux la capacité des transports en commun en la portant à 50’0000 passagers/jour. Mais est-ce suffisant comme le soulignait un délégué lorsque l’on sait qu’environ 60'000 passagers viennent s’entasser sur la RN508 chaque jour ? Et cela en 2012, qu’en sera t-il en 2030 ? Alors le contournement d’Annecy, le tunnel sous le Semnoz bien que nécessaires ne suffiront pas !

Le Président a évoqué à plusieurs reprises l’impact du grand Genève où il est prévu d’avoir 1'000'000 d’habitants. Quels seront les impacts sur la vie de notre Venise des Alpes ? Un accroissement du nombre de frontaliers ? D’acheteurs qui profiteraient d’une parité favorable entre l’Euro et le Franc Suisse ? Ne faudrait-il pas avoir une vision plus ambitieuse qui permettrait à Annecy de relier l’infrastructure du CEVA par un moyen de transport en commun rapide ? Pourquoi ne pas envisager un monorail le long de l’autoroute LYANE ? Ubuesque, critiqueront certains lecteurs. Je les invite à venir passer 200 jours par an dans les embouteillages à la douane de Bardonnex pour comprendre qu’un problème existe en ce qui concerne ce trafic pendulaire et qu’une solution novatrice doit être trouvée pour que la situation soit bloquée en 2030.

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En matière de transports, à ce stade préliminaire des réflexions, les élus proposent le maintien de l’aéroport de Meythet et une amélioration substantielle de la liaison TGV. Il s’agit là de mesures indispensables à l’existence économique de notre ville de province. J’entends les riverains se plaindre de l’existence de cette piste d’atterrissage au milieu des habitations. Rappelons que celle-ci était là pour la plupart d’entre eux avant qu’ils choisissent de s’installer à sa proximité. Cet outil est nécessaire à la vie économique et sociale de notre territoire. Cela dit, une négociation pourrait être initiée avec l’aéroport de Genève afin de trouver des complémentarités. Cointrin est également engorgé avec un trafic annuel 2011 de plus de 13 millions de passagers, 189'000 mouvements et 72'000 tonnes de marchandises avec une seule piste. Les parkings de cette plateforme sont en 2012 saturés et donc devenus extrêmement onéreux. Vous pouvez partir à Marrakech pour 37 € avec une compagnie low-cost, mais vous devrez vous acquitter de la même somme chaque jour pour laisser dormir votre voiture à proximité de l’aéroport. Là encore, des solutions beaucoup plus novatrices doivent être imaginées. Je pense à ce que j’ai utilisé entre Maynard et Boston ou encore l’aéroport de Nice et Sophia-Antipolis où des navettes héliportées assurent les liaisons entre les centres économiques et l’aéroport. La création de parkings relais, comme il l’est fait lors du Salon de l’auto, couplés avec des liaisons régulières et fréquentes en transports en commun est une autre piste. Il doit y en avoir d’autres qui pourraient faire l’objet des réunions thématiques proposées par le Président de la C2A.

1.1 Développement économique

En ce domaine, je suis sans doute influencé par les mauvaises nouvelles de la semaine. En premier lieu, le chômage dans le département est reparti à la hausse (+13,3 % en un an et +2.5 % entre août et septembre 2012). Ensuite, les familles qui détiennent Thermocompact (+ de 200 salariés) ont annoncé au marché financier leur intention de vendre leurs actions à Naxicap. Comme pour Salomon ou d’autres entreprises lorsque les dirigeants historiques quittent le navire (même si dans le cas de Thermocompact, il est précisé qu’ils resteraient aux commandes…), le lien émotionnel qui lie l’entreprise au territoire est considérablement affaibli. Dans ces conditions, et à la lecture d’une seule diapositive exprimant le vœu de créer 10'000 emplois en 18 ans doit être supporté par un plan de développement détaillé, précisant comment et où ces emplois vont être créés. Depuis cinq ans, malgré un soutien actif des différentes entités économiques, la mécatronique n’a pas démontré que ce secteur industriel était en mesure de créer des emplois. Après la crise de 2009, le chiffre d’affaires des entreprises du SNDEC est remonté sans que les emplois suivent le même mouvement. On peut s’en réjouir car c’est un signe d’une amélioration notable des processus de fabrication (robotisation), mais dans ces conditions, il est difficile de pouvoir escompter une forte progression de l’emploi dans ce secteur. Le SNDEC prévoit lui-même seulement 3000 emplois supplémentaire alors que 6000 ont été perdus pendant la crise.

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Figure 1 Source SNDEC

Durant la discussion certains ont fait observer que l’agriculture était absente de cette première présentation. C’est vrai, mais je préfère utiliser la segmentation de l’agence économique départementale en parlant d’industrie agroalimentaire.

 

1.2 Economie numérique

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L’économie numérique n’a pas été abordée lors de cette première présentation bien que plusieurs délégués aient eu connaissance ou participé à l’élaboration de l’étude prospective « Pour le développement de l’économie numérique » avec l’ambition de créer 10'000 emplois dans ce secteur et atteindre 5 % du PIB du département réalisé en début d’année dans le cadre du Conseil Stratégique Haute-Savoie Avenir (CSHSA).

L’industrie de l’image évoquée lors de cette première présentation a le mérite d’engranger quelques succès avec le FIFA, MIFA, CITIA et l’école des Gobelins. Toutefois, en termes de créations d’emplois, les investissements réalisés par les différents partenaires devraient pouvoir déboucher sur de meilleurs résultats. Pour l’instant ils sont essentiellement créés dans des TPE qui ont du mal à survivre et de nombreux talents formés à Annecy quittent la région voire notre pays. La création d’emplois et de PME/ETI doit faire partie des objectifs de cette filière. Des mesures sont proposées dans le rapport du CSHSA.

La présence d’entreprises comme UBISOFT (~200 employés) et SOPRA/AXWAY (~400 employés) doit être pérennisée sur le bassin annécien.

Cette industrie, y compris l’image en mouvement, ne saurait se développer sans la réalisation d’infrastructures de communications performantes comparables à celles mises en œuvre dans d’autres villes en France ou à l’étranger. Un plan 100 Mb/s pour tous doit absolument faire partie de cette vision 2030. Ceci doit comporter non seulement les communications filaires (fibre) mais aussi hertziennes (WIMAX, WIFI…). Les bénéfices espérés concerneront alors toutes les filières économiques y compris et surtout le tourisme fut-il d’affaires.

 

1.3 Le Tourisme

Les discussions actuelles se concentrent beaucoup trop sur un outil (centre de congrès) alors qu’une vision stratégique comportant beaucoup d’autres aspects doit être articulée pour maximiser les chances de l’agglomération en ce domaine. Je me suis déjà exprimé sur ce blog à ce sujet.

Restons sur le tourisme de ville pour lequel je vous livre quelques éléments tirés d’une excellente étude de Suisse Tourisme « 2030 : Le tourisme suisse face aux changements climatiques ». Selon les auteurs, le tourisme urbain devrait mieux résister aux changements climatiques que d’autres régions. Nous devrions également assister à une méditerranéisation. « Il se peut que l’attrait des villes augmente durant les étés chauds » précisent-ils. La « fraicheur d’été » deviendrait un argument pour notre ville des Préalpes d’autant plus que nous sommes situés à proximité d’un lac. En ce domaine, la nature a bien doté Annecy, reste à préserver notre écrin et à le rendre encore plus attractif. Je pense notamment à une stratégie de développement du parc hôtelier, à une phase deux après le regroupement des offices du tourisme pour mieux mettre en marché notre destination et toujours maintenir nos efforts de professionnalisation de cette filière.

1.4 Conclusion

Les informations préliminaires transmises lors de la 1ère réunion sur ce sujet sont encore trop incomplètes pour élaborer un plan 2030. Malgré le fait que les travaux destinés à préciser cette vision se télescopent avec la campagne pour les élections municipales, j’espère que nos élus trouveront la force de dépasser le stade des débats partisans tout en restant à l’écoute pour accepter d’inclure dans leurs réflexions des idées novatrices. Sur le plan méthodologique, en particulier sur le plan des consultations avec les différents partenaires susceptibles d’être impliqués nous pourrions considérer le plan directeur cantonal pour Genève 2030 comme une source d’inspiration. J’essayerai de participer aux réunions thématiques et je continuerai à contribuer aux travaux du Conseil Stratégique Haute-Savoie Avenir afin d’alimenter la réflexion avec des idées pour qu’en 2030 notre agglomération soit toujours un espace de vie agréable.


[1] Emile De Girardin

mercredi 31 octobre 2012

Invitation gratuite pour le forum Mountain ICT à Seynod les 13 et 14 novembre prochain

L’European Mountain ICT forum qui se tiendra lles 13 & 14 novembre prochain à Seynod (à côté d’Annecy) sera l’occasion de faire le point sur les enjeux du numérique en montagne. Cette manifestation européenne se tient juste avant le Festival International des métiers de la montagne à Chambéry. Une occasion pour rentabiliser votre déplacement en Pays de Savoie.

Durant ces deux jours de conférences et témoignages (avec traduction simultanée). On parlera beaucoup d’infrastructures numériques mais aussi de savoir faire, du potentiel de l’économie numérique pour les zones de montagne, du tourisme blanc 2.0 ou encore de l’accès aux soins en territoire de montagne.

Si vous êtes intéressé, j’ai quelques invitations gratuites à votre disposition. Contactez-moi en message privé ici

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dimanche 21 octobre 2012

« Jan Satyagraha 2012 » : une marche pacifique de 60'000 paysans indiens – réflexions

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Ce n’est pas mes deux voyages en Inde et quelques années de travail avec des collègues de ST localisés à Noida qui m’autorisent à pouvoir parler de ce grand pays et surtout pas de ses coutumes ou de son organisation politicoéconomique, mais j’ai éprouvé le besoin de partager avec vous les réflexions que François CABRERA m’a rapporté à son retour de ce pays ce week-end. Il vient de suivre la marche « Jan Satyagraha 2012 » qui a conduit environ 60'000 paysans sans terre de Gwalior à Delhi. Cette marche initiée par le Gandhi moderne : Rajagopal était une démonstration de force supportée par une association (Ekta Parishad) afin d’obtenir la mise en œuvre d’une réforme foncière au niveau de l’Etat (par opposition aux provinces).

Mon propos, n’est pas ici de prendre position car je ne connais pas le dossier, mais j’observe que les Indiens ont influencé leurs élites par une manifestation de masse avec la non-violence qui les caractérise. Mais qu’en serait-il si les citoyens européens dont le niveau de vie est impacté par une augmentation importante des taxes en tout genre ou de stagnation des revenus descendaient dans la rue ?

Ma deuxième raison de vouloir partager une partie de cet échange tient à la qualité des photos de François. Des portraits fantastiques, des couleurs et un éclairage propres à ce pays mais aussi et surtout la bienveillance des sujets avec qui il a partiellement partagé la vie pendant quelques semaines.

Admirez ses photos sur son blog !

Réunion du Conseil Stratégique Haute-Savoie Avenir

Conseil Stratégique Haute-Savoie Avenir (CSHSA)Le Conseil Stratégique Haute-Savoie Avenir (CSHSA) s’est réuni ce vendredi pour échanger et surtout rendre compte des travaux qui se sont déroulés dans chaque commission durant les derniers mois. Je n’ai malheureusement pas pu écouter la présentation d’Alain MERIEUX sur la concurrence asiatique car je représentais les Business Angels Rhône-Alpins au Tour de France du conseil à Lyon à la même heure. Je me réjouis d’observer que des personnes de tous horizons politiques puissent travailler ensemble et proposer des mesures à long terme.

Voici un bref compte-rendu produit par TV8 Mont-Blanc.

Les thèmes abordés lors de cette session étaient effectivement nombreux :

1°/ « La Chine et la zone Asie Pacifique », témoignage d’Alain MERIEUX

2°/ « La marche des affaires »

3°/ Stratégie et Prospective

Thème n° 1 - PROSPECTIVE DEMOGRAPHIQUE, SOCIALE ET TERRITORIALE

Thème n° 2 - PROSPECTIVE ECONOMIQUE, LES EQUILIBRES ET LES TENDANCES FUTURES

Thème n° 3 - SANTE PUBLIQUE, LES CHANGEMENTS DANS LES TECHN0LOGIES ET LA GESTION

Thème n° 4 - STRATEGIE DE FINANCEMENT DES ENTREPRISES

Thème n° 5 - STRATEGIE TRANSFRONTALIERE

Thème n° 6 - STRATEGIE DES RESSOURCES POUR L’INNOVATION INDUSTRIELLE

Thème° 7 - PROSPECTIVE ET STRATEGIE DE L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE

Thème n° 8 - STRATEGIE SOCIETALE ET ENVIRONNEMENTALE

jeudi 18 octobre 2012

Saviez-vous que !…..

18/10/12 - Ma perception de l’enseignement et de la définition de la stratégie que cela soit pour une entreprise ou une collectivité territoriale demande que celle ou celui qui ce livre à cet exercice se projette dans le futur et surtout puisse avoir une vision qui prenne en compte les environnement macro et micro économique qui l’entoure. Ainsi, pour un nouveau cours “Digital Marketing” que je vais prochainement commencer à délivrer, j’ai recherché sur Youtube une vidéo qui puisse fournir une description des macro-tendances de notre société. Je vous livre ici, celle que j’ai retenue. Elle est en anglais, mais avec un graphisme et des chiffres qui vous permettront de comprendre le message même si vous ne parlez pas cette langue. 

Mais au delà des aspects techniques liés à l’émergence et à la fabuleuse accélération de la diffusion des innovations, je me demande comment la structure de notre démocratie peut encore suivre ce mouvement en permanente évolution. En Europe on nous parle de crise, de chômage mais je crois surtout que nous ne voyons pas assez ce qui ce passe en Inde, en Chine et bien d’autres pays. Par exemple je vous invite à réfléchir au fait que 25% des Indiens ayant un QI les plus élevé représente l’intégralité de la population américaine (élément que vous trouverez au début de la vidéo) alors que dire de notre petite population française d’ingénieurs, de chercheurs ? Croire encore que nous avons en Europe le monopole des idées et de la capacité à innover est une erreur que malheureusement la majorité de nos dirigeants persiste à faire et à répéter.

mercredi 17 octobre 2012

DIGITAL SUMMITS AWARDS à Seynod le 13/11/12

Les 13 & 14 novembre prochain l’European Mountain ICT forum se tiendra à Annecy/Seynod. J’aurai le plaisir de représenter l’Ecole Suisse de Tourisme à cette occasion lors d’un panel intitulé “Tourisme blanc 2.0”.

A l’occasion de cet évènement un prix sera remis. Les Digital Summits Awards récompensent les innovations numériques à haute altitude ! Cette année, les stations de montagne d'e toute l’Europe y compris la Suisse sont à l’honneur et invitées à candidater pour promouvoir leurs applications les plus innovantes : accueil, hébergement, ski, tourisme, santé, sécurité des pistes, météo… Dans tous les domaines, les stations innovent, mais lesquelles sont les plus remarquables ? Le public d’EMICT désignera ses initiatives préférées parmi celles exposées sur l’évènement, les 3 lauréats retenus se verront remettre leur prix le 14 novembre et bénéficieront d’une médiatisation nationale et européenne.

Pour candidater, télécharger la matrice powerpoint ICI, remplissez-la et retournez-la à aurelie@pppagency.com

 

dimanche 14 octobre 2012

Le futur des MICE sous un ballon ?

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14/10/12 - Je profite de ce week-end automnale pour faire deux choses en même temps. Je prépare un cours et je garde un œil sur la retransmission en directe de la tentative de franchissement du mur du son par un humain au Nouveau Mexique (Etats-Unis). L’expérience en elle-même m’intéresse que moyennement, mais je saisi l’opportunité d’une retransmission en direct sur Youtube pour la suivre.

En revanche, le succès de la fréquentation sur ce média m’interpelle une fois de plus. Plus de 3 millions (*) de “Youtubespectateurs” confirme la tendance que j’ai en plusieurs évoquées selon laquelle la retransmission d’évènements peut certes être effectuée par les télévisions mais aussi par des chaines Internet. Chaines dont l’accès peut être réservé à une audience particulière. Je pense ici aux participants à distance d’un congrès (MICE) quitte à vendre deux catégories de billets : ceux qui permettraient d’avoir un accès à la salle de conférence  et ceux qui donneraient un droit de vision, voir d’interaction, en ligne à des milliers de kilomètres.

Je pense là que nous sommes à l’aube d’une modification importante du business model des centres de congrès.  Une tendance que les initiateurs de la stratégie de tourisme d’affaires à Annecy devraient prendre en compte.  

(*) Le chiffre ne cesse d’augmenter depuis que j’ai effectué la capture d’écran ci-dessus.

vendredi 12 octobre 2012

L’innovation gagne du terrain

Vendredi prochain (le 19/10) je représenterai Savoie-Angels et plus généralement les Business Angels à l’occasion d’une manifestation organisée par la Chambre Professionnelle du Conseil Rhône-Alpes avec le concours de nombreux organismes du financement de l’innovation.

J’interviendrai lors du panel “Comment financer l’innovation et la création de valeur ?” aux côtés Claude SABATIN, Délégué à l’innovation Grand Rhône, OSEO, Hervé DURAND, Directeur du Département Financement de l’Innovation, Global Approach Consulting, Cyril FROMAGER, Président du Directoire Rhône Alpes PME Gestion/Groupe SIPAREX

Si vous souhaitez participez, cliquez sur l’image ci-dessous pour obtenir une invitation.

Tour de France du conseil - Lyon

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samedi 6 octobre 2012

Une conférence que je ne peux pas rater :-) à #Annecy #etourisme

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Nous avons la chance d'accueillir à Annecy le salon PRO'LAC : le rendez-vous régional des professionnels de l'hébergement, restauration et loisirs touristiques. Demain, un dimanche pluvieux, je ne peux manquer la conférence "Réussir sa stratégie Webmarketing : mode d'emploi"

dimanche 30 septembre 2012

Propositions de l’Institut Montaigne pour la fin du cumul des mandats

Je partage largement l’avis des experts de l’Institut Montaigne concernant le non-cumul des mandats de nos élus. Alors mieux que de développer mes propres arguments,  je vous invite à découvrir les leurs.


Institut Montaigne - Cumul des mandatsLe cumul des mandats : une désolante exception française

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le cumul des mandats est, en France, une pratique aussi persistante que répandue. 75 % des députés de la nouvelle Assemblée exercent au moins un autre mandat, soit à peine mieux qu’en 2007 où ils étaient 83 %. A titre de comparaison, en Allemagne, 24 % des parlementaires cumulent plusieurs mandats, ils sont 3 % au Royaume-Uni et… 0 % aux Etats-Unis.

Laurent Bach, professeur assistant à la Stockholm School of Economics, a analysé les résultats aux élections ainsi que le travail des députés depuis 1988 dans son ouvrage Faut-il abolir le cumul des mandats (2012). Ses recherches montrent que le cumul des mandats limite la présence des députés en commissions parlementaires, les éloigne davantage des débats publics nationaux et les pousse à orienter leurs activités et interventions à l’Assemblée en fonction des intérêts propres à leur collectivité locale.

Pourquoi mettre fin à cette pratique

Le Parti socialiste défend depuis quelques années la limitation du cumul des mandats. Déjà présent lors de sa convention « Rénover la politique » de juillet 2010, cet engagement a été renouvelé par François Hollande lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2012, puis réaffirmé par son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors de son discours de politique générale : "pour permettre aux parlementaires de se consacrer pleinement à leur mission, il sera mis fin, comme c'est déjà le cas pour les membres du gouvernement, au cumul entre un mandat de parlementaire et l'exercice de fonctions exécutives locales. Cette réforme sera applicable en 2014".


Pourtant, nombre de députés, y compris socialistes, continuent à se montrer réticents, notamment car ils jugent indispensable de conserver un ancrage local afin d’être en prise avec la réalité du terrain. Pourtant, 93% des Français interrogés à l’occasion d’un sondage IFOP se sont montrés favorables à l’interdiction du cumul des mandats.
L’interdiction du cumul des mandats permettrait d’améliorer l’efficacité du travail parlementaire et la représentativité des assemblées – en ce début de quatorzième législature, seules 25 % des députées sont des femmes et 2 % sont issus de la diversité. Elle entrainerait également un plus grand renouvèlement des effectifs des assemblées : sur 577 députés, 360 ont déjà effectué au moins un mandat dont 344 lors de la dernière législature.

Comment y mettre fin


Depuis plusieurs années, l’Institut Montaigne défend l’interdiction du cumul des mandats pour les parlementaires dans le temps et dans l’espace. Cette position se résume par la formule suivante "un homme, un mandat". Dans l’idéal, le non-cumul devrait également être étendu aux membres des cabinets ministériels afin que ceux-ci à l’instar de leurs ministres ne puissent détenir par ailleurs un mandat local.
La contrepartie évidente de cette exigence serait d’accorder aux élus un statut renouvelé et consolidé qui leur permettrait notamment d’envisager plus sereinement leur réinsertion professionnelle à l’issue de leur mandat.
La vitalité de notre démocratie est à ce prix.


Par Marguerite de Tavernost et Nicolas Ferrière pour l'Institut Montaigne


Acteurs Publics - Soirée des think tanks -... par institutmontaigne

Laurent Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne, est intervenu le 4 juillet dernier à l’occasion de la soirée des think tanks organisée par Acteurs Publics sur le renouveau du service public.

vendredi 28 septembre 2012

La dette publique augmentera encore en 2012 & 2013

Malgré une hausse des prélèvements de plus de 30 milliards et une estimation considérée comme optimiste de la croissance du PIB, le projet de loi de finance adopté cette semaine laisse apparaitre une augmentation de la dette publique à 91.3 milliards en 2013. Compte tenu de l’impact des prélèvement obligatoires (46.3 % en 2013), le taux de croissance de 2% par an du PIB annoncé à partir de 2014 me semble être plus tenir du rêve que de la prévision économique.

Je suis conscient que les paramètres de l’équation sont nombreux et complexes. Mais continuer à faire croire aux gaulois que la potion magique fera effet à partir de 2014, c’est un aspect de la démocratie que j’apprécie peu. Cela dit, il faut que l’on s’en sorte et que l’on puisse trouver les moyens de générer de la valeur sur notre territoire, plus de valeur.

 

 

samedi 22 septembre 2012

Assisterons-nous à une conquête politique de la Haute-Savoie par les résidents suisses ?

Le débat sur le vote des étrangers est lancé en France. Quelles pourraient en être les implications pour quelques communes frontalières ? Et pourquoi, je ne soutiens pas cette initiative.


Photo : Some rights reserved by MPD01605

Tout membre de la communauté européenne peut d’ores et déjà voter pour les élections municipales du pays au sein duquel ils résident. Ceci est un des fondements de la libre circulation de citoyens et ce principe repose sur une réciprocité entre les pays. Didier MAUD[1] précise aussi que rien n’interdit à un pays que « ce droit de vote soit accordé en fonction des accords passés avec les pays tiers » et de mentionner les cas de l’Espagne, du Portugal et du Maroc qui a inscrit une clause de ce type (article 30) dans sa nouvelle constitution. Mais ce n’est ni le cas de la Norvège ou de la Suisse voisine. Pourtant les genevois sont de plus en plus nombreux à opter pour une résidence en France ce qui leur donnerait en cas de modification de la loi un pouvoir sur la gestion de leur commune d’accueil. Nos amis helvètes apporteraient sans doute de nombreuses et bonnes idées à nos conseils municipaux, mais pourquoi la réciproque ne serait-elle pas valable ?

Tout au long de ma carrière professionnelle en Suisse, j’ai eu de nombreuses occasions d’influencer la vie genevoise, en qualité de dirigeant d’entreprise, membre du Cercle des Dirigeants d’Entreprises, au contact de l’OPI, de la FER, du Club de Marketing Suisse, en enseignant, en publiant et en intervenant pour de nombreuses conférences. Bref, je me suis intégré à la vie sociale et économique de ce pays même si je ne réside pas sur ce territoire. Ma capacité d’influence de mes actions et me idées sont bien plus importantes que celle que l’influence que je peux exercer avec un bulletin de vote. Je considère que c’est aussi valable pour mes actions dans mon pays. Alors, ceux qui ont le choix doivent avant tout démontrer par leur capacité d’intégration qu’ils sont des forces de proposition. Et que s’ils souhaitent aller plus loin dans leur démarche citoyenne, les portes de la république leurs sont ouvertes à défaut d’êtres originaires d’un pays où la réciprocité nous serait accordée en qualité de Français.

La majorité de mes impôts sont conservés par le canton de Genève car je bénéficie de nombreux services offerts par ce pays d’accueil. C’est mon choix comme celui de plus de 60'000 autres travailleurs de vivre professionnellement dans ce pays. En échange, la Confédération helvétique m’accorde la protection de ses services de police, de formation permanente, de quelques revenus de transfert dans le domaine social. Mais, ce n’est pas une raison pour exiger ou même simplement demander un droit de vote ! Car le droit de vote ne s’achète pas en payant des impôts et ceci dans aucun pays.

En conclusion comme l’évoque Michel SERRES, membre de l’Académie française dans Le Point de cette semaine, en parlant de l’autorité, « la seule autorité qui peut s’imposer est fondée sur la compétence » et donc pas sur un droit qui serait attribué au citoyen par le seul pouvoir du droit de vote. Je souhaite donc la bienvenue aux étrangers qui sauront mettre leurs compétences au service de la France comme je l’ai fait et fait encore pour la Suisse et pourquoi pas, qu’ils deviennent des citoyens à part entière en optant pour la nationalité du pays qui les accueille s’ils veulent réellement influencer la vie politique.


[1] Président émérite de l’Association internationale de droit constitutionnel dans Le Monde daté du 22 septembre 2012.

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jeudi 20 septembre 2012

Mon émotion de la semaine ! Le journal d’Anne Frank

Le journal d'Anne Frank | avec Francis Huster Théâtre Rive Gauche AfficheHier soir, durant 1h50 mon cerveau ne cessait de faire un rapprochement entre l'histoire d'Anne Frank mise en scène par Steve SUISSA et la montée de la radicalisation religieuse que l'on peut observer tout autour de la planète. Le communautarisme s'installe partout. Les chrétiens ne sont plus toléré dans les pays musulmans, les coptes paient un lourd tribut en Egypte et leur récente provocation (le film) ne va pas arranger la situation. En France, on découvre que des individus peuvent se rassembler à plus de 200 pour vouloir suivre les traces de leur congénères au Yemen, en Tunisie et à Benghazi. Réaction immédiate d'une frange de plus en plus grande de la population pour condamner ces actions. Nouvelle publication d'un hebdomadaire pour en rajouter une couche...

Où va t'on ? Comment stopper cette spirale infernale ?

Si vous passer à Paris et pour voir cette pièce de théâtre cliquez ici

Le tourisme d’affaires : un marché de plus en plus concurrentiel

Après une masse de conférences au salon e-Commerce de Paris, je reste dans la capitale des Gaules pour affiner ma connaissance de l’industrie du tourisme. Aujourd’hui, deux tables rondes traitant des voyages d’affaires à Top Résa qui se nomme maintenant International french travel market (IFTM).

Conference voyages d'affaires IFTM

Un programme riche avec des avis presque unanimes pour affirmer que le secteur est de plus en plus concurrentiel et que toutes les entreprises cherchaient encore à faire des économies. Celles-ci seraient, selon les membres du panel, possibles en prenant en considération le coût total des voyages y compris les frais d’hébergement, de restauration et bien entendu du temps perdu pour rejoindre le lieu de réunion.

Alors même si des congrès (1) réunissant 32900 participants, de 146 pays remplissant 15000 chambres dans 160 hôtels font rêver les professionnels du secteur, les entreprises françaises ont réduit leur dépenses de 20 % en ce domaine, la pression sur les marges n’étant pas la seule raison.
Un programme dédié au voyage d'affaires en partenariat avec l'AFTM, deplacementspros.com.

Ma conclusion

Un marché concurrentiel qui le devient encore plus. Un marché qui  acceptera que très difficilement de nouveaux entrant comme espèrent le faire les élus de la C2A en créant une infrastructure nouvelle dans une ville où la participation au moindre évènement nécessite deux jours de voyage.

(1) Congrès de la société européenne de cardiologie qui s’est tenu en août 2011 à Paris-Nord Villepinte.

samedi 15 septembre 2012

Débat entre les candidats à la présidence de l’UMP

Valérie Pécresse JC Morand

Samoëns 15/09/12 - Beaucoup de monde ce matin aux bords du lac aux dames à Samoëns pour écouter les candidats à la présidence de l’UMP. Valérie Pécresse avec qui je pose ici est venue soutenir François FILLON qui nous a présenté son programme et ses motivations. Pour ma part, j’ai aussi découvert les qualités d’orateur de Bruno LEMAIRE. Excellent sur la forme. Sur le fond, j’ai également apprécié sa volonté de faire bouger les choses de manière concrète et positive.

Le moment de convivialité qui a suivi était également agréable mais je rentre avec l’impression que l’importance du travail de reconstruction ne va pas être aisé et que les conditions ne sont pas réunies pour atteindre le voeu exprimé par tous les candidats de gagner les élections municipales.

jeudi 13 septembre 2012

Conférence Entreprises hyperconnectées

J’aurai le plaisir de partager ma vision de l’entreprise hyperconnectée lors du prochain FIRST organisé par Rezonance et la Fédération des Entreprises Romandes.
First
Dès cet automne, les conférences Rezonance parient sur plus d'interactivité. , rendez-vous dès le jeudi 27 septembre @ FER Genève avant la conférence sur la gestion de bases de données.

Programme

-  mots de bienvenue de la FER Genève et de Rezonance
-  conférences de 3 intervenants
((( Damien Fournier, directeur commercial Virtua S.A. et responsable produit Calleo eCRM www.virtua.ch www.calleocrm.com
((( Lionel Lourdin, président, fondateur Free IT Foundation www.free-it-foundation.org
((( David Hodgetts, développeur du logiciel - société Complex IT sàrl www.complex.ch
- table ronde réunissant les 3 conférenciers et un panel d'indépendants, salariés d’entreprises,  entrepreneurs de divers horizons ainsi que des experts et prestataires IT
((( Alexandre Poltorak, Free IT Foundation www.free-it-foundation.org
((( Claude Super, consultant en valorisation et gouvernance de l'information http://claudesuper.com
((( Philippe Vaucher, senior développeur - Société Complex IT sàrl www.complex.ch
((( Ian Prince, CEO Inextenso - Virtua S.A. www.virtua.ch www.inextenso.ch
((( Jean-Claude Morand, expert de l'économie numérique, passionné par le e-Marketing, le tourisme et la stratégie d'entreprise  http://cyberstrat.blogspot.ch/

L'idée est de présenter des case studies concrets, ayant abouti à un succès. Une table ronde suivra les présentations dont l'objectif et de faire un partage d'expérience et de co-créer ensemble l'outil idéal !

Horaires


Le First débute à 17h.

Lieu

FER Genève
Rue de St-Jean 98
1211 Genève

mercredi 12 septembre 2012

Tunnel sous le Semnoz : une bonne nouvelle qui doit être négociée âprement

Notre quotidien régional relate aujourd’hui l’idée proposée par nos élus de faire financer le tunnel sous le Semnoz par la société d’autoroute AREA filiale d’APRR sous réserve qu’il lui soit accordé une extension de sa concession. L’idée est pertinente toutefois il convient d’en négocier la mise en œuvre avec beaucoup de clairvoyance.

Les faits : Selon le rapport annuel d’APRR AREA réalise un CA annuel de 493 millions d’euros pour un résultat de 126 millions. A la louche cela revient à dire qu’en deux ans la société va retrouver l’intégralité de son investissement engrangent en euros constants 252 millions de profits supplémentaires sans compter les péages pour lesquelles elle peut espérer conserver 69 % du montant correspondant à l’EBITA moyen de ce groupe. De plus, ce tunnel étant rattaché à son réseau elle bénéficiera d’une clientèle captive supplémentaire qui continuera à circuler sur celui-ci assurant ainsi une optimisation du trafic sur Lyane dont le prix d’accès est élevé. Le montant de l’investissement requis représente à peine une année d’investissement du groupe (285 millions en 2011).

Si je trouve l’idée intéressante, nos élus devront être plus « demandeurs » à leurs interlocuteurs en demandant par exemple :
  • Une prise de participation du Conseil général au capital d’AREA dont la profitabilité est remarquable (10 % du capital me semble raisonnable quitte à prolonger d’une année supplémentaire la concession des 416 km actuels). Cette somme (environ 2 millions pour 1 % du capital) considérée comme un investissement permettrait de bénéficier à terme des dividendes. Ceci permettrait de contrer partiellement les arguments des détracteurs qui peuvent considérer que l’on mutualise les charges et privatise les profits.
  • Une garantie sur le tarif appliqué pour toute la durée de la concession (30 ans ?)
  • Un tarif très préférentiel pour les abonnés
  • La création d’une aire de repos comportant un pôle de restauration permettant de mettre en valeur les produits locaux et la région touristique. Cette aire s’intégrant alors dans la stratégie touristique du département.
  • Une place au conseil d’administration d’AREA
  • L’accès gratuit aux faisceaux de communication (fibre optique)

mardi 11 septembre 2012

Comment peut-on éviter à la France d’être le maillon faible de l’Europe ?

Un article de la revue économique Suisse : l’AGEFI a particulièrement retenu mon attention au lendemain de l’annonce du Président de la République d’imposer une contribution supplémentaire de 20 milliards d’Euros supplémentaires aux agents de l’économie réelle et d’annoncer un effort supplémentaire de 10 milliards sous forme de réductions budgétaires des dépenses de l’Etat en supposant que cela puisse effectivement se matérialiser en particulier pour le second point tant la mesure est éloignée du cap social qu’il avait annoncé à ses électeurs durant la campagne.

AGEFI 110912 France maillon faible

Samedi 15, je serai à Samoëns pour écouter les candidats à la présidence de l’UMP avec l’espoir naïf de les entendre parler de projets pour la France, des actions qu’ils entendent mener pour contribuer au redressement du pays. J’espère comme un gamin qui croit au Père Noël ne pas (trop) les entendre critiquer le pouvoir actuel mais au contraire d’apporter leur support pour que nous soyons plus perçus à l’étranger comme le maillon faible de l’Europe. Car c’est bien cela dont il s’agit, j’ai l’impression que face à la gravité de la crise nous sommes toujours en train de remettre en cause les actions de ceux qui sont au pouvoir. Certes les options sont nombreuses entre mesures d’austérité et relance de la croissance.

Le journaliste de l’AGEFI est loin d’adhérer à l’approche qui consiste à ponctionner 20 milliards d’euros aux agents économiques ce qui peut se comprendre et je suis certain que les ténors de l’UMP reprendront en cœur ce couplet samedi au bord du Giffre. Il remarque que cette stratégie n’est pas celle de la BCE plus orientée vers le soutien à l’économie (une option qui n’avait d’ailleurs pas été retenue par le précédent gouvernement) car cette seconde option ne garantit pas plus que la première le redressement de l’économie à long terme. Le risque inflationniste existe aussi et il apparait que le retour à un déficit maximum de 3 % soit une priorité pour ce Gouvernement comme elle l’était pour le précédent.

La vérité est ailleurs. Ailleurs sur le plan géographique. On nous rabâche en Europe que le Monde est en crise. Faux ! Les économies des pays du BRIC se portent à merveille même si la croissance de leurs PIB est légèrement redescendue. Ne seriez-vous pas heureux de pouvoir observer que notre PIB augmente de 9.2 % en 2012 ? Ce pourcentage d’augmentation est celui engrangé par les chinois. Nous sommes donc en présence d’une évolution majeure des équilibres économiques mondiaux qui engendrent un bouleversement de la répartition des revenus et donc de notre pouvoir d’achat. Il n’est pas nécessaire d’avoir un Prix Nobel d’économie pour comprendre que si les acteurs d’un pays ne sont plus capables de générer de la valeur (alors que d’autres le sont), l’ensemble des acteurs économiques du salarié au dirigeant d’entreprise local doivent admettre que leur niveau de vie baisse. Mais cette vérité ne peut être déclinée par un homme politique qui doit séduire son électorat avec des promesses.

La France est sortie du TOP 20 des pays ayant la meilleure compétitivité. Alors de Monsieur BONTAZ n’est pas le premier à quitter notre pays pour aller installer ses usines de productions là où les talents, les compétences et la main d’œuvre sont moins chères. Même si les 35 h et de manière plus globale notre système social engendre des coûts de production plus élevés qu’ailleurs, ce ne sont pas les seuls paramètres. La faible taille de nos entreprises, le faible niveau d’innovation des PME, leur faible capitalisation sont tout aussi importants. La lourdeur de notre démocratie avec son mille-feuille et les centaines de milliers de fonctionnaires mis à son service est aussi facteur contribuant à ce que la France soit championne de la pression fiscale.

Alors j’espère que la base que nous représentons pourra lors ces agapes septimontaines envoyer un message aux ténors de la droite pour qu’ils se rassemblent très vite et surtout qu’ils adoptent une attitude positive aux côtés d’un gouvernement avec lequel ils ne partagent pas toutes les initiatives afin que la France ne soit pas le maillon faible de l’Europe.
11.09.12

Propositions en faveur de l’investissement dans les PME Loi de finance pour 2013

La situation économique de notre pays fait débat. Le nouveau gouvernement comme l’ancien cherche à réduire le déficit budgétaire ainsi que l’endettement (1800 milliards d’euros). FRANCE ANGELS vient de publier des recommandations que je relaie ici.



L'enjeu économique majeur pour l'avenir de notre pays est le développement d'un maillage d'entreprises porteuses d'emplois et de croissance sur l'ensemble du territoire. Pour se créer, exister et croître ces entreprises innovantes ont besoin d'être financées et accompagnées. A un moment où les acteurs traditionnels du financement (banques et institutionnels) se désengagent, il est de la plus haute importance que le relais soit pris par les investisseurs privés dont l'épargne disponible est importante. Toutefois, ces investissements présentent un niveau de risque significatif et une faible liquidité. Il s'agit donc d'une catégorie d’investissement longue, peu liquide et présentant un niveau de risque élevé vers laquelle l’épargne privée ne peut être orientée que si elle est accompagnée par des mesures fiscales incitatives.

Les principes défendus par France Angels :

 

1 - Un avantage fiscal réservé aux entreprises  :


L’idée centrale est de concentrer les avantages fiscaux sur les entreprises réellement innovantes, c’est-à-dire créant de nouvelles formes de richesses et des emplois durables. Pour cela nous proposons la création d'un label unique d’EIC (Entreprise d’Innovation et de Croissance) qui permette d’augmenter l’efficacité des dispositifs d’aides en les concentrant sur les entreprises les plus prometteuses. Ce label serait attribué par OSEO sur des critères à définir.(note n°1). Ce principe a, en outre, pour intérêt de limiter le périmètre d'application de l'avantage fiscal et par conséquence d'en contrôler le coût global.


2 - Un partage du risque entre les investisseurs privés et les pouvoirs publics:


L'investissement au capital des PME innovantes présente un triple handicap pour
l'investisseur :

  • - le risque de perdre l'intégralité du capital investi
  • - la nécessité de se situer dans une épargne longue et patiente
  • - l'impossibilité de maîtriser la sortie de son investissement

L'avantage fiscal réduit ces effets négatifs, étant entendu qu'en cas de réussite de l'investissement, l'état en retire par contre un triple avantage :

  • - perception de taxes tout au long de la vie de l'entreprise pour un montant bien supérieur à l'avantage fiscal accordé à l'entrée.
  • - création d'emplois
  • - enfin taxation éventuelle des plus-values et prélèvements sociaux au moment de la cession des investissements non réinvestis dans d’autres PME Innovantes.

3 - Un avantage fiscal significatif et proportionnel au risque pris par l'investisseur :


Le niveau de risque pris par l'investisseur est directement conditionné par l'âge de l'entreprise cible. Il est évident que celui-ci est beaucoup plus important dans les premières années que lorsque celle-ci est passée en phase de développement. Pour cela nous préconisons une différenciation de taux entre les entreprises de plus de 5 ans d'âge et les autres. Cet avantage fiscal serait de 50% de l'investissement réalisé pour les entreprises ayant 5 ans et moins (soit une répartition du risque à 50/50 entre les investisseurs privés et l'Etat). Il serait de 33% pour l'investissement réalisé dans les entreprises de plus de 5 ans d'âge (soit une répartition du risque de 2/3, 1/3 entre les investisseurs privés et l'Etat).
Il est indispensable que le taux retenu soit significatif si l'on veut que la mesure soit efficace. Dans le cas contraire, il ne s'agira que d'un effet d'aubaine et il serait préférable pour les finances publiques de ne rien faire.


4 - Un avantage qui ne peut être considéré comme une niche fiscale :

L'investissement dans les PME doit être sorti du périmètre des niches fiscales, car contrairement à elles :

  • - l'investisseur peut perdre l'intégralité de son investissement sans aucune contrepartie en retour
  • - l'investisseur ne maîtrise pas la liquidité de son investissement, il n'a aucune maîtrise de l'échéance et ne peut le céder lorsqu'il le désire.


5 - Une référence unique simplifiant et remplaçant les systèmes existants:


Nous préconisons l'application de ces principes, sous forme de réduction d'impôts, tant au titre de l'ISF que de l'IR et en substitution de tous les systèmes existant à ce jour. Les plafonds de réduction proposés sont de 100 000€ par foyer fiscal au titre de l'ISF et de 25’000€ par part au titre de l'IR.


6 - Des mesures réservées aux citoyens, investisseurs privés :


Ces mesures seraient réservées aux investissements faits par les personnes privées au capital des entreprises :

  • - soit directement
  • - soit par l'intermédiaire de structures collectives créées par leurs soins à la double condition que celles-ci soient dirigées par des personnes privées et ce, à titre bénévole.
    Par ailleurs, nous attirons l'attention du législateur sur l'intérêt pédagogique de réconcilier les citoyens avec le monde des PME. Drainer l'épargne locale, l'investir dans les territoires, accompagner les entreprises dans leur développement sont les fondements de la future croissance économique. Pour y parvenir nous pensons qu'une réflexion doit être menée pour la création d'une reconnaissance du statut du Business Angel, investisseur de proximité, et de l’intérêt général des associations qui encadrent l’action des Business Angels.

En résumé, les nouvelles mesures de réduction d’impôts (IR ou ISF au choix du contribuable) pourraient être les suivantes :

  • - Investissements éligibles : souscriptions au capital (et quasi capital) d’Entreprises d’Innovation et de Croissance (définition et labellisation par Oseo)
  • - taux de réduction :
    o 50% si la cible est une EIC immatriculée depuis 5 ans au plus
    o 33% si la cible est une EIC immatriculée depuis plus de 5 ans
  • - Plafond de la réduction :
    o 25.000 € par part au titre de l’IR (et exclu du plafonnement des niches fiscales)
    o 100.000 € par foyer fiscal au titre de l’ISF
    o Excédent reportable sur 4 ans
  • - Investissements intermédiés (à un seul niveau d’intermédiation):
    Seraient éligibles en proportion de la souscription au capital (et quasi capital) d’Entreprises d’Innovation et de Croissance par la structure intermédiée, les souscriptions dans des véhicules d’investissement, avec ou sans personnalité morale, à l’IR ou à l’IS, dont :
    o la gestion est assurée à titre bénévole par des personnes physiques
    o l’objet exclusif est l’investissement dans des PME et l’accompagnement de ces PME
    o la structure regroupe des Business Angels pour au moins 50% des apports
  • Note n° 1 :

    Proposition d’un TEXTE DE RÉFÉRENCE pour la création d’un label EIC
    En raison du rôle fondamental des PME et des ETI innovantes dans le processus de création d’emplois, de création de richesses nouvelles et dans l’adaptation de l’outil productif national aux évolutions technologiques, il est créé un label EIC qui a vocation à servir de support à toutes les nouvelles procédures générales de soutien à l’innovation. Les EIC auront immédiatement un accès réservé aux systèmes de financement en capital aidé par l’Etat dans le cadre de sa politique d’innovation.
    Une EIC (Entreprise Indépendante d’Innovation et de Croissance) est une PME ou une ETI indépendante qui par son activité innovante créée une valeur nouvelle. L’activité innovante ou innovation est la mise en oeuvre à l’échelle macro-économique, d’un nouveau procédé, d’un nouveau service ou d’une nouvelle organisation qui améliore durablement l’efficacité économique de la société dans son ensemble. Il s’agit donc d’une nouvelle forme de création de
    valeur. C’est un phénomène complexe de choix collectif progressif qui permet de basculer progressivement d’un objet, d’une organisation ou d’un fonctionnement ancien à un nouveau selon un processus fondé sur un phénomène économique d’accroissement global de l’efficacité.

Seront considérées comme EIC les PME et ETI indépendantes qui répondent à l’un des 3 critères ci après, ou seront qualifiés comme telle par une expertise organisée sous le contrôle d’une Commission Nationale chargée d’élaborée une doctrine et jouant le rôle d’organisme d’ultime recours sur les décisions d’agréments d’EIC.


Critère n°1 : Un taux d’effort de R&D supérieur à un seuil défini par décret, éventuellement par secteur d’activité. (Critère proche de celui des JEI)
Critère n°2 : Un taux de croissance des effectifs supérieur à un taux défini par décret. (Critère proche du dispositif Gazelles)
Critère n°3 : Une Valeur Ajoutée produite sous brevet ou brevetable supérieur à un seuil défini par décret, éventuellement par secteur.
Procédure d’expertise : lorsqu’aucun des trois critères ne peut être démontré, les sociétés pourront demander une expertise (procédure proche de la procédure actuelle d’agrément FCPI)


La gestion de l’attribution du label EIC sera confiée à un organisme national existant ou à créer, qui en période de fonctionnement normal, devra apporter une réponse aux demandes des entreprises dans les 3 mois, qu’il fasse ou non appel à une expertise externe.
Cet organisme d’agrément agira sous le contrôle d’une commission nationale d’évaluation indépendante et rattachée aux services du Premier ministre, constituée paritairement entre les différents partenaires du système d’innovation français : Universitaires, PME & ETI, grands organismes de recherche et de service à l’innovation, Territoires & Régions, Etat, et personnalités qualifiées nommées par le Premier ministre.

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